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L’
Origh, majestueux trois mâts en provenance de Seoygezadhil, venait de mouiller l’ancre dans le magnifique port de Saluki City. Xavier Timdassel, son capitaine, était un grand gaillard charpenté comme son navire et à la barbe constellée de dizaines de tresses. D’humeur habituellement joyeuse, il arborait ce jour une mine grave et inquiète.
Sitôt la passerelle abaissée, il bondit à terre avec une souplesse que son gabarit ne laissait guère deviner et après avoir laissé des consignes précises à son second, se dirigea à grand pas vers le bureau de la capitainerie.
Il fût reçu aussitôt par l’autorité du port et ne perdit pas de temps en préambules.
« C’est la guerre sur Seoygezadhil. Je devais accoster à Durdenne lorsque j’aperçût de la fumée au-dessus de la ville. Il y avait déjà depuis quelques lunes des rumeurs de préparatifs et de mouvements de troupes, mais cette fois, çà y est. Durdenne est tombée. Je déroutai immédiatement vers un autre port, Mintha, petite ville de pêcheurs à une lieue seulement, où je découvrit un groupe de survivants ayant fuie le carnage.
« Me voici donc ici avec quarante trois réfugiés, hommes, femmes et enfants. Beaucoup sont encore sous le choc de ce qui s’est passé là-bas. Il semblerait que des phénomènes pour le moins… surnaturels ce soient produits !
« Pouvez-vous faire quelque chose pour eux ? »
Le capitaine du port ôta ses lunettes et se frotta le front en fermant les yeux.
« Je crois qu’une telle affaire dépasse largement mes attributions. Je dois en référer au Conseil. Je vais faire au plus vite, je vous le promet. Mais d’ici là, je vous demanderais de bien vouloir les garder à votre bord.
- Je dois être reparti demain matin au plus tard.
- Cela devrais suffire . »
Il se levas et tendit une main ferme à Timdassel.
« Merci, dit le capitaine de l’
Origh. »
Dès que celui-ci fut sorti, le Dominarien se rassît, prît de quoi écrire et commença à rédiger sa requête.
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Lorsque Timdassel déboucha sur le port, le tumulte qui montait vers le centre ville l’avait déjà averti de
ce qu’il s’apprêtait à voir. Cet incapable de Zachk n’avait pas respectées ses consignes… ou n’avait pas réussi ! Et le pire était arrivé : les réfugiés avaient débarqués malgré son interdiction et étaient maintenant contenus par un cordon de garde de la ville. Autour d’eux de nombreux badauds s’étaient entassés sur la place du port, curieux d’en apprendre davantage sur les causes de ce désordre.
Zachk accourut vers lui.
« Capitaine ! Capitaine ! Je suis vraiment désolé ! Je n’ai rien pu faire !
- C’est cela mon ami ! Nous en reparlerons plus tard ! »
Puis, s’adressant à la foule des Durdenniens :
« S’il vous plait ! S’il vous plait ! Un peu de calme ! J’ai fait le nécessaire auprès des autorités pour que
votre cas soit porter devant le Conseil le plus vite possible. On m’a assuré que ce sera fait aujourd’hui ! Mais pour l’instant, il faut être patient et raisonnable ! Vous devez remonter à bord et attendre qu’on vous autorise à descendre ! Je vais faire livrer de quoi vous restaurer convenablement, mais je vous en prie, ne créez pas une situation de conflit qui ne pourra que jouer en votre défaveur ! »
Ses paroles semblèrent porter, et tout le monde retrouva peu à peu son calme. Une heure après, Xavier s’assit pesamment dans le fauteuil de son bureau et soupira. Il ne s’accorda que quelques minutes de répit, puis, dans un souffle, hurla : « Zaaaachk ! »
Quelques instants plus tard, le lieutenant entra brutalement, le souffle court.
« Capitaine ! Capitaine ! Ils ne sont plus que quarante deux ! Et personne n’est capable de dire qui manque… »
Timdassel ferma les yeux. C’en était trop pour une seule journée.
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Cela faisait plusieurs heures qu’Heimrich sillonnait les rues de Saluki City, se renseignant dans les auberges et les tavernes, quand finalement il rencontra un tenancier qui lui dit se souvenir d’une belle dame se nommant Solange. C’était il y a plusieurs lunes et il avait discuté un peu avec elle. De l’île. Du soleil.
C’était bien elle se dit-il. Et où vit-elle ? Elle avait dit loger dans la plus haute tour, mais il n’en est rien, il avait vérifié. L’aubergiste lui apprit alors qu’on lui avait attribué un logement au sommet de la plus haute tour… de Jeremie Town ! Les épaules de l’enfant s’affaissèrent, mais il reprit tout de suite espoir lorsque l’homme lui dit que les villes de Dominaria étaient reliées par de nombreux vaisseaux.
Il reprit la route sans attendre.
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Quelques jours plus tard. Il débarquait à Jeremie Town. La capitaine qui le regarda s’éloiger était empli de peine pour lui. Ce garçon solitaire paraissait harassé par un labeur immense, sa peau était d’une pâleur mortelle, et le soleil semblait le faire souffrir plus qu’autre chose. Il observa encore un peu la frêle silhouette encapuchonnée malgré la chaleur s’éloigner en titubant, puis retourna vaquer à ses affaires.
Heimrich remonta la rue principale d’un pas lourd, ses paupières réclamant un repos salutaire. Lorsqu’il arriva au pied de la plus haute tour de la ville, une jeune elfe, probablement de son âge, en sortît en courant, l’air enjouée. Tombant nez à nez avec lui et voyant qu’il se dirigeait vers la tour, elle lui adressa la parole tout naturellement.
« Tu vis ici toi aussi ? Je ne te connais pas pourtant ? Comment t’appelles-tu ?
- Heim… Heimrich… Tot. Je ne vis pas vraiment ici, mais Dame Solange m’a invité ! Je viens la voir…
- Solange ? La nouvelle ? Oui je vois qui c’est ! Elle est tout en haut ! Bon courage ! »
Et l’elfe s’éloigna en riant.
Heimrich leva la tête, se protégeant les yeux de la main. Il vit une splendeur d’architecture elfique
s’élever, semblait-il, jusqu’au ciel.
Il inspira profondément et commença l’ascension.
Lorsqu’il s’effondra, il avait perdu le compte des marches depuis longtemps.
Le sommeil l’envahi.